Souveraineté économique

OCP : la machine de guerre qui redessine la souveraineté alimentaire africaine

Comment le géant des phosphates est devenu un levier géopolitique majeur

Leila Tahiri/Grand reporter/22 avril 2026/16 min de lecture
Résumé

OCP Group a investi 13 milliards de dollars depuis 2020 dans sa transformation industrielle. Le groupe opère désormais dans 40 pays africains via des partenariats agricoles. Sa stratégie de fertilisation ciblée a augmenté les rendements de 30% dans les zones pilotes. OCP est devenu un levier de politique étrangère pour le Maroc.

Le groupe OCP n'est plus simplement un producteur de phosphates. Sous la direction de Mostafa Terrab, il s'est transformé en un acteur géopolitique majeur, dont l'influence s'étend bien au-delà des mines de Khouribga et du complexe chimique de Jorf Lasfar.

Avec des investissements cumulés de 13 milliards de dollars depuis 2020, OCP a modernisé l'ensemble de sa chaîne de valeur. Le programme OCP Africa, présent dans 40 pays du continent, ne se contente pas de vendre des engrais : il forme des agriculteurs, cartographie les sols et développe des solutions de fertilisation sur mesure.

Les résultats sont spectaculaires. Dans les zones pilotes du Sénégal, de la Côte d'Ivoire et de l'Éthiopie, les rendements agricoles ont augmenté de 30% en moyenne. Cette approche intégrée a fait d'OCP un partenaire incontournable des gouvernements africains.

Pour le Maroc, OCP est devenu un levier diplomatique puissant. La souveraineté alimentaire, enjeu critique pour l'Afrique post-Covid, donne au groupe — et par extension au royaume — une influence considérable dans les négociations bilatérales.

Ce qu'il faut retenir
  • 13 milliards de dollars investis depuis 2020
  • Présence dans 40 pays africains
  • +30% de rendements agricoles dans les zones pilotes
  • OCP Africa : formation, cartographie des sols, fertilisation ciblée
  • Levier de soft power pour la diplomatie marocaine
Sources
  1. OCP Group — Rapport annuel 2025
  2. FAO — État de la sécurité alimentaire en Afrique
  3. Entretiens Le Capital